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La revue


La responsabilité sociale
des facultés de médecine




Conférence de l'AMEE 2012

25 au 29 août 2012
Lyon, France
"La SIFEM est dans la liste des 'corporate members' de l'AMEE. Les membres des organisations 'corporate members' peuvent s'inscrire aux congrès de l'AMEE comme s'ils étaient membres de cette société. Si donc, vous souhaitez vous inscrire au congrès de l'AMEE, vous sollictez les conditions des membres de l'AMEE"




Éditorial, Mot du Président





Éditorial


Une nouvelle équipe à la tête de la Société internationale francophone d’éducation médicale (SIFEM).
Continuer en s’adaptant à un environnement changeant.


Le 5ème Forum international francophone de pédagogie des sciences de la santé, qui s’est tenu à Québec en juin, a accueilli sous ses auspices les réunions de l’assemblée générale et du conseil d’administration de notre société, la SIFEM. À cette occasion, Dominique Pestiaux et Jean-Luc Debru ont transmis leurs flambeaux respectifs de secrétaire général et de président à Dominique Maillard et à moi-même.


Nous souhaitons tout d’abord remercier l’équipe sortante pour le travail important qu’elle a réalisé durant ces dernières années : l’organisation du congrès de Grenoble, le développement du site Web de la SIFEM, la consolidation de l’équilibre financier de l’association, le lancement de l’édition électronique de la revue grâce à un nouveau partenariat éditorial, permettant également la viabilité économique du journal sans qu’il soit nécessaire de solliciter des subventions. Une réflexion politique a aussi été engagée avec les partenaires institutionnels historiques de la SIFEM, la Conférence internationale des doyens et des facultés de médecine d’expression française (CIDMEF) et les institutions homologues que sont la Conférence internationale des doyens et des facultés de pharmacie d’expression française (CIDPHARMEF) et la Conférence internationale des doyens et des facultés de chirurgie dentaire d’expression française (CIDCDF), le forum international de pédagogie des sciences de la santé du Québec et enfin l’Université médicale virtuelle francophone (UMVF), devenue depuis composante du consortium plus large constitué par l’Université numérique francophone des sciences de la santé et du sport (UNF3S), à côté de Université numérique des sciences pharmaceutiques francophone (UNSPF) , de l’Université numérique des sciences odontologiques francophones (UNSOF) et de l’Université virtuelle en sciences du sport (UV2S). Grâce à ce travail, les missions respectives des uns et des autres, à la fois distinctes et complémentaires, ont été clarifiées et, dans le respect de l’identité de chaque composante, le principe d’une fédération et d’une meilleure articulation des divers évènements francophones dans le champ des sciences de la santé a été approuvé.


La sollicitation de responsabilités au sein du conseil d’administration de la SIFEM, s’est appuyée, pour Dominique et moi, sur une réflexion visant à identifier les grands défis qui se présentent à nous et à proposer des pistes de réflexion ou de réalisation. Un texte d’orientation plus complet sera publié dans un prochain numéro. Néanmoins, sans doute est-il utile, dès maintenant, d’évoquer rapidement certains défis auxquels nos facultés, écoles ou institutions de soins doivent ou devront faire face dans le cadre de la formation médicale et d’ébaucher quelques priorités.


Les défis


    Certains défis sont le reflet de l’évolution de notre environnement et nous devons nous y adapter au mieux. Plusieurs peuvent être identifiés, l’inventaire qui suit n’étant pas limitatif.


  • L’augmentation du nombre d’étudiants aura inévitablement des répercussions sur les modalités et la qualité de la formation, d’autant que les moyens ne croîtront pas en proportion.


  • Le questionnement croissant de la société sur la qualité et le rôle des professionnels de la santé exigera que l’on apporte des réponses pertinentes à au moins deux questions : « formons-nous des médecins adaptés aux problèmes de santé de notre pays ? », mais aussi « le faisons-nous de manière éthique et efficiente ? ». En lien avec ce questionnement, se développent les démarches de qualité et apparaissent des procédures d’accréditation, déjà courantes dans le monde anglo-saxon, mais rare dans la francophonie sauf au Canada.


  • L’évolution de la nature et de l’organisation des institutions de soins de santé est la conséquence à la fois du développement des soins ambulatoires –dans le cadre de consultations externes ou d’hospitalisation de jour- et de la complexification des problèmes de santé, suite au vieillissement des populations et aux changements épidémiologiques observés dans les pays du Sud. Dans ce contexte, les soins requièrent de plus en plus une approche interdisciplinaire, regroupant médecins et autres professionnels de la santé. Tous ces changements nous obligeront à redéfinir les modalités de la formation clinique des futurs professionnels de santé.


  • Enfin, l’extraordinaire évolution des technologies interroge en profondeur à la fois nos pratiques d’enseignement et nos pratiques cliniques.


  • D’autres défis résultent de dynamiques internes aux facultés ou aux institutions de soin. On observe une exigence accrue de « rendement » et une complexification des tâches de recherche et de soins. Certains perçoivent cette pression comme une difficulté, voire un obstacle à un enseignement de qualité. Les étudiants que nous côtoyons ont changé, plongés depuis leur jeune âge dans le monde numérique. Leur rapport au savoir et aux « détenteurs de savoir » s’est profondément modifié, allant d’une attitude ouverte et curieuse à des revendications nettement plus marquées. Enfin, force est de constater que, dans de nombreux pays, les ressources allouées à la formation médicale, rapportées au nombre d’étudiants, se réduisent.


    Quelques priorités



    La recherche


    La SIFEM est avant tout une société savante, centrée sur la recherche, l’innovation et le partage de connaissances, au travers de sa revue, dans les divers champs de la pédagogie des sciences de la santé. Favoriser une recherche de qualité et promouvoir une meilleure reconnaissance des activités d’innovation ou de recherche dans le champ de la pédagogie médicale doit rester un de nos objectifs fondamentaux. Une attention toute spéciale doit être apportée à la valorisation des travaux des jeunes enseignants ou des chercheurs en pédagogie médicale et au recrutement de plus de jeunes attirés par ce domaine. Ainsi, proposer des ateliers d’initiation à la pratique et à la recherche en pédagogie médicale aux jeunes enseignants doit rester une activité phare de notre société.


    Élargir et renforcer la pédagogie médicale


    Le concept de pédagogie médicale doit être appréhendé au sens large et non réduit à la didactique de la formation, ni aux seuls médecins. Des modules interdisciplinaires intégrant, dès la formation, de futurs médecins et autres professionnels de la santé sont souhaitables dans des domaines comme l’éthique, l’approche médico-économique, la communication, la gestion et l’animation de groupes (leadership)…


    Un risque permanent pour la pédagogie comme pour d’autres disciplines est sa spécialisation exagérée et son éloignement progressif des acteurs de terrain. Il convient donc de développer une pédagogie ouverte sur les problèmes vécus par les acteurs de terrain et proposant des dispositifs concrets et rendus crédibles par une « pédagogie basée sur les preuves », à l’instar de la « médecine basée sur les preuves ».


    Le renforcement de notre société passe aussi par l’augmentation de nos contacts avec d’autres sociétés de pédagogie médicale, francophones ou non, dans un but d’enrichissement réciproque. Le rapprochement institutionnel qui a été initié avec l’Association for medical education in Europe (AMEE) et celui qui est en cours avec l’Association canadienne pour l’éducation médicale (ACEM) sont à cet égard prometteurs.




    Étudiants partenaires


    Les étudiants ne sont pas uniquement des consommateurs de formation, ils prennent une part active dans leur propre apprentissage et leurs réflexions sont importantes. La SIFEM devrait structurer un dialogue avec les organisations étudiantes et identifier avec elles les enjeux ou les pistes de progrès qu’elles proposent dans la formation médicale.


    Offrir des outils spécifiques à nos membres


    La SIFEM ne peut vivre et offrir une valeur ajoutée à ses membres que si elle dispose de moyens propres. Grâce à l’équipe sortante, les finances sont saines. Une partie de nos moyens pourrait être utilisée pour développer des outils disponibles sur le site web de la SIFEM.


    Et notre revue….


    La revue est un outil majeur de développement et de partage dans le monde de la formation médicale. Elle a trouvé une forme nouvelle, s’appuie sur un nouvel éditeur et peut désormais faire face à ses coûts. L’assemblée générale et le nouveau conseil d’administration ont exprimé leurs remerciements à Jean Jouquan, son rédacteur en chef, pour l’important travail qu’il réalise et les efforts consentis afin d’assister les auteurs d’articles en vue d’améliorer les manuscrits. Grâce à lui, la revue a clairement évolué vers une revue scientifique de haut niveau. Il convient de soutenir son effort afin d’obtenir la reconnaissance de la revue dans les systèmes d’indexation francophones et anglophones. Au-delà de cet effort, la revue ne devrait-elle pas être aussi un outil de référence pour tous les praticiens engagés dans la formation et s’ouvrir plus encore aux autres professionnels de la santé ?




    N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires et suggestions, tant au sujet de la revue que des défis et priorités évoquées ci-dessus. D’avance, je vous remercie pour votre participation à la vie de la SIFEM et de notre revue.




    Jean-François DENEF
    Président de la SIFEM
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    Dominique Maillard
    Secrétaire générale
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    Mot du Président


    Mot de la Secrétaire générale