Préparer les résidents en médecine familiale à la révolution de l’information : perles, potentiel, promesses et pièges

Nouvel article d'Akshay Rajaram et ses collègues paru dans la revue Le Médecin de famille canadien (2019).

 

Résumé

Les données sur les soins de santé connaissent une hausse exponentielle. Des rapports font valoir qu’aux États-Unis, il s’est généré 153 exaoctets de données sur la santé en 2013, et les estimations à ce chapitre pour 2020 se situent à 2314 exaoctets. Ces données, qui proviennent de diverses sources (dossiers médicaux électroniques [DME], imagerie médicale, laboratoires, pharmacies, facturations, etc.), sont harmonisées, autant à l’intérieur des établissements et qu’entre eux, dans le but d’alimenter des changements significatifs pour les patients. Par exemple, en Ontario, divers groupes de recherche établissent des liens entre des données démographiques, cliniques, sociales et sur l’utilisation provenant de différentes bases de données disparates, y compris celles des organismes de services sociaux, pour identifier les patients qui sont des utilisateurs de soins de santé coûteux ou qui risquent de le devenir, et les aider grâce à des plans de soins partagés.

À mesure que les patients prennent de l’âge et acquièrent de multiples comorbidités, leurs soins deviennent de plus en plus complexes. Une récente étude a démontré que près de 40 % des patients admis dans des services de médecine interne générale avaient plus de 80 ans et, en moyenne, 6 comorbidités. Les médecins de famille devront de plus en plus mettre à contribution les récentes avancées dans l’acquisition, le stockage et l’analyse des données pour prendre des décisions cliniques avisées, et assurer le transfert sécuritaire des soins lorsque ces patients passent d’un service à l’autre du système. En dépit d’un appel à l’action en 2010, et malgré l’élaboration et l’intégration de compétences en télésanté dans le référentiel CanMEDS, les progrès dans le domaine de la formation en informatique et en analytique se sont révélés plutôt lents.

Étant donné l’importance accordée actuellement à la formation médicale axée sur les compétences, les programmes de résidence canadiens en médecine familiale (MF) doivent fixer un seuil minimal de compétences en informatique et en analytique pour que les diplômés réussissent dans ce nouvel environnement. Dans le présent commentaire, nous proposons les connaissances et les compétences essentielles pour tous les stagiaires en MF (préambule), nous mettons en évidence des programmes de formation qui pourraient servir de tremplins dans la conception de nos propres programmes (perles et potentiel), nous décrivons de nouvelles initiatives analytiques interdisciplinaires locales, appropriées aux résidents en MF (promesses), et nous cernons les obstacles au déploiement de telles initiatives à l’échelle du pays (pièges).

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